Psycologie

Publié le par leblogdelaferme

Un psy chez les paysans parle des causes du stress

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Le bonheur n'est pas toujours dans le pré et le stress peut aussi être le lot quotidien des agriculteurs. La MSA 10-52 met le dossier sur la table

 

Un taux de suicide 3 fois plus élevé que la moyenne de la population active
À 41 ans, ce paysan marnais a un profil atypique. Agriculteur en polyculture élevage, il est aussi enseignant chercheur à l'université de Reims. Il est même titulaire d'un doctorat en psychologie sociale. Sa connaissance et son approche de l'âme humaine l'ont d'ailleurs amené à animer des groupes de parole pour la Mutualité sociale agricole en 2004-2005. Son discours est vivant et éloigné des théories de salon.
Jeudi 17 novembre, à la Maison de l'agriculture, répondant à l'invitation de la caisse MSA Sud-Champagne, François-Régis Lenoir sera à Troyes pour aborder les « risques psycho-sociaux en agriculture ». Derrière ce terme se cache pudiquement le drame du suicide - « l'agriculture a un taux de suicide trois fois plus élevé que la moyenne de la population active .» Mais ce vocable occulte surtout le sentiment de mal-être que la profession peut ressentir. Car les motifs sont multiples.

 

Causes multiples


« L'obligation de résultat, dans un contexte de volatilité des prix à la production et de spéculation, soumet les exploitants à un environnement stressant », analyse Éric Petit, président de la MSA 10-52, qui couvre 8 000 exploitants agriculteurs, éleveurs, viticulteurs sur les deux départements. À cet égard, il évalue le stress occasionné par les opérations de marchés à terme, chez « des paysans qui ne sont pas des traders. »
« Les normes qui s'amoncellent sont aussi des sources de malaise », ajoute l'agriculteur de Maisons-lès-Chaource, conscient que l'agriculteur subit aussi une « crise identitaire liée à une image de pollueur et de quêteur de subventions qui lui colle à la peau comme un sparadrap à la chaussure. » Sans compter l'aspect de la pénibilité au travail, de l'isolement et du célibat que certains vivent, sans réseau social autour d'eux.

 

Enquête de terrain


Dans ce domaine, le président de la MSA 10-52 explique que douze assistantes sociales sont sur le terrain pour venir en aide à la profession, avec une approche humaine. Il indique aussi qu'avec ses homologues de la Marne, des Ardennes et de la Meuse, depuis dix-huit mois, une enquête spécifique est menée sur le sujet auprès des éleveurs laitiers.
Rappelons qu'au printemps dernier, le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, a annoncé un plan de prévention du suicide dans le monde agricole, pour que ce sujet ne soit plus tabou. Avec une fusée à trois étages : l'établissement de « données fiables sur le suicide des agriculteurs, en croisant les données des certificats de décès avec les données administratives de la MSA ». « Des dispositifs d'écoute pour les agriculteurs en détresse », en appui sur les réseaux d'aide spécialisée, type SOS Amitié. Et des « cellules de prévention, créées dans chaque caisse de la MSA pour repérer les agriculteurs en difficulté ».

 

Pascal Dolat (l'Est Eclair)

 

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